Cet article est issu du magazine l’Anjou agricole du 23/01/2026
Spécificité de l’enseignement agricole, l’ESC donne lieu à de nombreux projets en lien avec le territoire. Exemple au Campus de Pouillé, où les jeunes organisent un festival musical. « Les Ponts de Scène » se dérouleront au printemps, en partenariat avec les Z’Eclectiques.
Lino Brunet, 16 ans, et Sacha Guesneau, 17 ans, sont apprentis en première Bac pro aménagement paysager. À côté de leur formation professionnelle, ils s’exercent cette année aussi à la communication, numérique pour Lino et papier pour Sacha. Ces activités un peu éloignées de leur cœur de métier, ils ont l’opportunité de les effectuer dans le cadre de l’Éducation socio-culturelle (ESC). Ces deux futurs paysagistes créent, avec d’autres jeunes en formation (Aménagements Paysagers, horticulture, agriculture), un événement qui se tiendra le mardi 28 avril prochain dans l’enceinte du Campus, aux Ponts-de-Cé. « C’est la 3e année que nous organisons ce festival les Ponts de Scène », explique Chloé Jollivet, responsable de la filière professionnelle.
Une édition ouverte au public
La nouveauté cette édition, c’est une ouverture au public de l’événement, qui avait jusqu’ici lieu en interne. Pour le faire connaître, les jeunes vont se former à la rédaction d’un communiqué de presse, à l’élaboration de posts sur les réseaux sociaux, d’affiches, de flyers… Sacha a ainsi organisé un concours d’affiches au sein du campus : « la meilleure affiche sera publiée sur des sites publics pour donner envie aux gens de venir », explique l’apprenti. Les Ponts de Scène s’organisent en partenariat avec les Z’éclectiques, le festival de musiques actuelles qui se tient principalement à Chemillé en Anjou et Cholet. « À Pouillé, l’événement a lieu dans le cadre du Zec Tour, un dispositif créé par les Z’éclectiques et qui permet à des artistes de se déplacer dans des établissements scolaires, des structures médico-sociales, auprès de différents types de publics, explique Mélissa Trouillard, formatrice en ESC auprès des apprentis. L’objectif est de faire découvrir aux jeunes les musiques actuelles mais également de faire des actions d’animation et de sensibilisation sur la lutte contre les addictions, le harcèlement, les discriminations, etc ». L’organisation du festival est l’occasion pour les jeunes de découvrir l’univers de l’événementiel, avec ses contraintes partenariales, de temps, de budget. Un partenariat est également noué avec la mairie des Ponts de Cé qui fournit notamment du matériel. « Une des missions de l’ESC consiste précisément à relier l’établissement au territoire. Un établissement qui n’est pas juste un lieu où l’on va passer des diplômes, mais aussi un endroit où l’on va pouvoir développer son rôle de citoyen actif », souligne Guillaume Lebrin, enseignant en ESC dans le cadre de la formation continue.
Une pédagogie de projet
Démarche transversale, l’ESC touche à toutes les matières enseignées. « Nous développons, avec l’ESC, une pédagogie de projet, explique Guillaume Lebrin. Le projet est un support pour développer des tâches complexes, permettant aux élèves d’acquérir des compétences et des connaissances en termes de prise de responsabilité, d’organisation, d’autonomie, d’apprentissage du travail en réseau. » Par exemple, les jeunes se familiarisent avec la notion de rétroplanning, compétence qui leur sera fort utile lorsqu’ils auront à organiser un chantier. Le travail est évalué tout le long de l’année dans le cadre du CCF (contrôle en cours de formation). Avec un staff d’organisation qui comprend 6 classes, incluant 130 jeunes (67 en initial, 63 en apprentissage), la préparation des Ponts de Scène s’avère un véritable challenge ! Des missions particulières sont dévolues à chaque classe, des commissions sont créées. La communication inter-classes et la collaboration entre lycéens en formation continue et apprentis est encouragée. Une expérience riche, qui leur sera à coup sûr profitable dans leurs parcours de professionnels et de citoyens.
Plus de 60 ans d’éducation socio-culturelle
Éducation artistique, développement culturel, engagement associatif, solidarité internationale, développement de l’esprit critique et analyse des médias… « L’éducation socioculturelle (ESC) est l’un des marqueurs forts de l’enseignement agricole », rappelle le ministère de l’Agriculture. C’est Edgard Pisani, ministre du début des années 1960, qui est à l’initiative de l’intégration originale de l’ESC dans les contenus pédagogiques de l’enseignement agricole. En introduisant une dimension humaine et culturelle dans un système éducatif jusque-là très technique, la loi du 25 février 1965 redéfinit les finalités de l’enseignement agricole : former de jeunes professionnels, autonomes, ouverts et engagés à plusieurs titres dans le contexte de l’enseignement agricole
