témoignage de Claude Deneux, ancien élève (1956) :

C’est avec plaisir que j’ai reçu l’invitation à la journée des anciens. A 80 ans, c’est un pèlerinage et un remerciement de ce que m’ont donné les 3 années passées à Pouillé de 1956 à 1959. J’ai la chance de toujours avoir eu une bonne santé, ce qui m’a permis d’avoir une réussite dans ma vie professionnelle de jardinier, mais également de sportif et de dirigeant/entraineur de demi-fond.

A ce jour, pour mon plaisir, je suis toujours actif en jardinage : 20 heures par mois pour mon plaisir, à l’entretien des rosiers au château Hauterives à Argentré en Mayenne.

Une petite anecdote quand je suis rentré à Pouillé en 1956 :

Nous sommes 7 enfants, Papa ouvrier, seul garçon au milieu de 6 sœurs. Mes parents font un effort formidable pour me mettre en apprentissage. Papa, fier que je vais être jardinier, dans mon trousseau, met des sabots de bois appelés « pillon ». Le 3ème jour, Travaux Pratiques avec M. Lecoz : bêchage du jardin. En m’habillant, je vois qu’aucun de mes camarades ne prenait les sabots, donc je ne les mets pas. Ils restent dans le placard. Aux vacances de Noël, je ramène ces sabots chez moi, et les cache au grenier. Ce n’est que 5 ans plus tard que Papa les trouve… je me rappelle qu’il était plutôt en colère. Mais je suis devenu un bon jardinier !

Souvenirs d’internat de 1956 à 1959

En revenant à la journée des anciens, c’est notre jeunesse qui nous revient, avec l’esprit Salésien qui nous apporte le respect et l’amitié. 3 années d’internat : nous ne rentrons chez nous que pour les vacances…

Il fallait venir avec un vélo, qui nous servait pour les promenades du dimanche. Tous les 15 jours, c’était douche auprès de la cathédrale d’Angers (pas de douche à Pouillé) : c’est 80 cyclistes qui déboulent en ville avec les feux rouges … et quand le 1er passait, tout le monde passait même au rouge. Au retour, pour éviter les sprints à l’arrivée à Pouillé, l’institut a payé un solex à M. Lecoz, et personne ne devait le dépasser.

Il y avait également tous les 15 jours, les matchs de foot au SCO, où le Père LHOSTIS se faisait un plaisir de nous emmener : le seul jour où l’on avait le droit de fumer !

La vie religieuse pour respecter Don Bosco, c’était à la messe tous les jours et … 2 fois le dimanche.

Nous avons connu 2 directeurs : le Père MAZE et le Père LOUARN.

Comme distractions, c’était la joie de faire partie de la fameuse « clique » (fanfare de Pouillé) avec le Père LHOSTIS.

En Horticulture, nos chers professeurs étaient Messiers LECOZ et BOURSIER et pour les différents Travaux Pratiques, nous avons eu Messieurs ou Pères TROCHERIE, FESTOC, VANDAME et GEOFFROY, qui avait lui la charge pendant les vacances, ou un groupe était de garde, de réapprovisionner en sable de Loire pour les constructions à venir. Nous allions donc avec tracteur et une grande remorque plate, 2 de chaque coté à charger, un voyage le matin et un l’après-midi. Le Père GEOFFROY était habile comme conducteur : il devait faire marche arrière avec la remorque sur au moins 100 mètres de grilles : Et oui, c’était la bonne humeur !

Un souvenir qui me reste graver en mémoire : 1958, coupe du monde de football en Suède. Et bien, à 17h30, arrêt des cours. Nous étions tous assis sur les marches à écouter la radio. Il n’y avait pas de télé, ni de smartphone ! Dans la sélection Française, il y avait 2 Angevins remplaçants : Casimir HNATOW et Stéphane BRUEY. Une anecdote : les chaussures de Just FONTAINE étaient défaillantes à son arrivée en Suède, et c’est donc avec les chaussures de BRUEY que Fontaine à marques ses 13 buts !

Il y avait donc l’Horticulture et l’Agriculture pour les cours d’hiver, ce qui devait représenter 120 à 130 élèves.

L’internat de 3 ans nous a permis à tous de rentrer dans la vie active avec des diplômes CAP et BEP, qui étaient très prisés par les entrepreneurs : un exemple, j’ai effectué 4 années de paysagiste chez 2 patrons sur Angers.

Donc, avec l’esprit Don Bosco, nous voilà parti dans la vie active !

Merci à nos prêtres et à nos enseignants.

Claude DENEUX